Moi aussi, je me lance dans l’argentique !

Si vous me suivez sur Instagram, vous n’avez pas pu passer à coté du fait que j’ai reçu un nouvel appareil… argentique!

Fujica AX-1 à priorité ouverture

L’argentique revient en force depuis quelques temps et se procurer un vieil appareil commence à devenir une sorte de mode. Les photographes que je suis sur Youtube depuis un moment se mettent tous à faire une vidéo “je me lance dans l’argentique”. Ensuite on attend un moment avant de voir une autre vidéo sur le sujet puisque évidemment quand on commence une pellicule, il faut ensuite la finir puis la faire développer, et souvent on n’en entend reparler que quelques mois plus tard. 

Une de mes premières photos argentiques faites aux USA

Je ne sais pas si j’ai acheté un argentique à cause de l’effet de mode, mais c’est certainement grâce à cet effet de mode que je me suis tout de même rendu compte que oui, on trouve des pellicules facilement, et oui, on peut facilement trouver un labo qui nous développe nos films. Donc finalement même en 2020 ce n’est pas si compliqué de se mettre à l’argentique.

Un autre point qui me faisait hésiter était de recevoir des tirages papiers à l’ère d’Instagram, comment les partager par la suite? Je pensai recevoir des photos papier, les regarder une fois puis les classer dans une boite… Mais l’argentique en 2020 ce n’est pas seulement ça ! Lors de la commande pour faire développer mes films j’ai le choix entre juste le développement des négatifs (faire en sorte que les films ne soient plus sensibles à la lumière), des tirages et/ou la numérisation des négatifs. Une fois que j’ai su ça, là encore je n’avais plus de raison d’hésiter à me lancer!

Alors pourquoi moi j’ai voulu commencer l’argentique?
Faire de l’argentique c’est prendre son temps pour chaque cliché, faire la composition de sa photo avant de déclencher. Plusieurs fois il m’est arrivé de faire tous les réglages pour ensuite ne pas déclencher parce que finalement je trouvais que la photo ne valait pas le coup. En numérique j’avoue que pour une même photo je peux en prendre plusieurs en tournant autour du sujet pour avoir différent angles, et ensuite choisir sur écran celle que je préfère. En argentique je fais attention à ce qui marche le mieux avant de déclencher. J’espère que ça déteindra sur ma pratique du numérique à l’avenir.

Faire de l’argentique c’est aussi faire ses réglages manuellement, en tout cas quand on a un appareil un peu ancien. Ça veut donc dire pas d’autofocus! Sur mon reflex argentique pour faire le focus j’ai un petit rond dans le viseur qui se divise en 2 parties, il suffit de prendre une ligne de ce que l’on veut net et aligner les 2 parties pour avoir le focus sur cette ligne. J’avoue qu’on s’y fait très vite!

Cellule dans le viseur

Pour ce qui est de la balance entre l’ouverture et la vitesse, certains appareil ont une cellule qui calcule la vitesse appropriée selon l’ouverture choisie par rapport à la lumière, ou l’inverse selon les modèles. Il y a aussi sur certains modèles du tout automatique pour le choix de l’ouverture et de la vitesse, mais ça sous-entend que l’on n’a pas la main sur l’ouverture et donc sur la profondeur de champ de la photo (ce qui pour moi et pour ma pratique de la photo est indispensable).

Enfin si j’ai vraiment choisi de tester l’argentique, c’est surtout pour le rendu des couleurs des pellicules. Je me suis rendu compte que dans le post-traitement de mes photos numériques, je recherchait particulièrement les couleurs qu’on peut retrouver sur des photos argentiques selon les pellicules choisies. Alors pourquoi ne pas me faire plaisir en faisant directement de l’argentique?

Pellicule: Kodak Gold 200

Les pellicules
Pour moi les pellicules sont même plus importantes que l’appareil photo. Bien sur si on veut pouvoir avoir la main sur les réglages on va préférer un reflex plutôt qu’un compact, mais c’est le choix de la pellicule qui va donner l’ambiance de la photo. La pellicule est l’équivalent du capteur en numérique, une pellicule de meilleure qualité va rendre une photo avec moins de grain, mais c’est surtout elle qui donne le ton des couleurs, et la balance des blancs. Certaines rendent des couleurs un peu plus pastel (comme les Kodak Portra 160/400) et certaines rendent des couleurs plus chaudes (Kodak Gold) et il y a bien sur aussi des pellicules noir et blanc. Vient ensuite le moment de choisir les ASA. Les ASA sont l’équivalent des ISO en numérique, soit la sensibilité à la lumière de la pellicule (donc un choix important). Le principe est le même qu’avec les ISO: plus les ASA sont élevés (pellicule plus sensible à la lumière) plus il y aura du grain sur l’image, et inversement. La limite en argentique c’est qu’on a les mêmes ASA pour toute la pellicule, donc si vous commencez une pellicule 200 ASA parce que vous voulez photographier en extérieur en pleine lumière, vous ne pourrez pas continuer votre pellicule à l’intérieur le soir.

Conclusion
Si vous voulez essayer la photographie argentique, n’hésitez plus ! On a tous un vieil appareil de famille qui prend la poussière quelque part, et on peut en trouver pour vraiment pas cher en brocante et même sur internet. Pour les pellicules et le développement de nos films, chaque grande ville a au moins un labo photo et il en existe aussi en ligne: on envoie nos pellicules par la poste et les développements nous sont renvoyés directement chez nous. Alors à vous de jouer !

15 commentaires sur « Moi aussi, je me lance dans l’argentique ! »

  1. J’ai fait de l’argentique avant que la photo numérique n’existe (Eh oui ! un temps que les moins de vingt ans…). Si je devais m’y remettre (j’ai encore deux bons appareils réflex) ce serait pour du noir et blanc, et si possible en prenant l’option de développer moi-même (j’ai encore l’agrandisseur d’ailleurs, qui prend la poussière quelque part), car on peut vraiment dans ce cas faire le travail du photographe, choix du contraste, de la lumière outre la prise de vue. Pour de la couleur en passant par un labo, j’aime autant faire du numérique…

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    1. C’est super de pouvoir développer soi-même! J’ai vu que dans ma ville il y a un labo qui permet de le faire soi-même avec des formations également. Pour le contraste j’ai lu qu’on pouvait pousser la pellicule (par exemple de 200 à 400 ASA) mais j’imagine que c’est aussi au moment de l’impression sur papier. J’ai vu aussi que le développement couleur était plus compliqué à faire soi-même… Tu as déjà essayé?

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  2. J’ai la chance d’avoir un papa qui faisait un peu de photo et donc un appareil argentique sous la main. J’avais tenté il y a quelques années, c’est loin d’être évident, ça change énormément de nos boîtier numérique, où on est sure d’avoir la photo que l’on souhaite.
    Mais ces photos ont, je trouve, beaucoup plus de charme.

    Alors il faudrait vraiment que je m’y remette.

    Ta série est top.

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    1. C’est vrai que les réglages peuvent faire peur, surtout quand on ne voit pas le résultat en temps réel! Par contre quand on les réussi je suis d’accord qu’elles ont plus de charme!
      Dis le moi si tu t’y remets, on pourra échanger sur le sujet 🙂

      Aimé par 2 personnes

  3. Oui, en effet, j’avais noté ce retour en force de l’argentique…
    En ce qui me concerne et vu mon âge « avancé », j’ai commencé par ça… le numérique n’existait pas.

    Je ne vais sans doute pas m’y remettre, car le développement en labo coûte un bras (ici, du moins) et je n’ai pas la place pour un labo développement-tirage… car c’est encore une autre paire de manches, après avoir réussi (ou non) la prise de vue, il faut la transformer en la reproduisant sur papier, sans rien voir vraiment de ce que l’on fait.
    Tout est question de timing, de « tricheries » (comme sur Photoshop), d’émulsions… Passionnant mais si développer le film ne prend pas de place (une simple Patterson suffit), le tirage, avec l’agrandisseur, les bacs (révélateur, rinçage, fixateur, rinçage) prend énormément de place. La salle de bains y passe, généralement 😉

    Je te souhaite plein de plaisir avec cette technique proche de celle des pionniers !

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    1. C’est vrai que c’est un coût qui n’existe pas dans le numérique. Le seul avantage c’est que le matériel argentique est très peu cher, ça peut valoir le coup pour des boîtiers sortis juste avant le passage au numérique ou pour des boîtiers moyen format qui étaient très cher à leur sortie.
      Pour le moment je ne pense pas essayer de développer moi-même on verra dans quelques temps.
      Merci en tout cas pour ton commentaire !

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  4. Belle introduction dans le monde des sels d’argent et bienvenue ! C’est le genre d’article agréable à lire et sympa qui donnera envie aux jeunes de reprendre l’argentique. Parce que les quinquas se fichent pas mal de la pellicule. Ils ont goûté et refusent d’y replonger. Personnellement, je n’ai jamais laissé tomber la pellicule. Elle fait partie intégrante de mon travail photographique. C’est le support avec lequel je me sens le plus en confiance. Malgré les hausses de prix infligées par la maison Kodak, cela ne me dissuade pas de continuer à proposer du noir et blanc aux mariés. De toute manière, il y a encore du choix en 2020. D’anciennes émulsions refont surface et de nouvelles apparaissent. L’offre reste intéressante autant en couleur notamment avec la CineStill, la Kodak Pro Image, l’Ultramax, l’Ektar 100 et bien sûr la Portra qui est pour moi la reine des pellicules couleur en portrait. En noir et blanc les TMAX P3200 et Delta 3200 reviennent. C’est un plaisir de te lire. J’attends les prochains scans.

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    1. C’est super que tu utilises toujours l’argentique pour ton travail! Je n’ai pour le moment utilisé que de la Kodak ColorPlus 200 (pour tester l’appareil mais je ne suis pas super fan du rendu des couleurs surtout quand il ne fait pas très beau) et surtout de la Kodak Gold 200, je voudrai ensuite tester la Pro image et l’Ektar 100. Ça m’intéresse ton point de vue sur l’argentique par rapport au numérique, sais-tu pourquoi tu te sens plus en confiance avec l’argentique? La plupart des photographes me disent l’inverse, parce qu’ils ne peuvent pas détecter en temps réel si il y a un problème sur les clichés.
      Merci pour ton commentaire!

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  5. Bravo pour cette démarche vers l’argentique.
    En ce qui me concerne, l’argentique, c’est Noir et Blanc only.
    Je garde la couleur pour le numérique.
    Pourquoi ?
    Déjà parce que cela correspond à ma sensibilité, à mes goûts, mais aussi parce que c’est une technique qui permet de traiter les images de A à Z assez facilement.
    Ensuite, pour un tirage à la maison, le résultat en argentique N&B est largement supérieur à une impression jet d’encre issue d’une imprimante non spécialisée pour le N&B.
    Le développement N&B est facile et ne nécessite pas beaucoup d’investissement (contrairement à la couleur qui oblige à utiliser des produits vraiment dégueux et une température au 10eme de degré près).
    Idem pour le tirage, avec en plus, l’obligation de tout faire dans le noir total pour la couleur (possibilité d’utiliser une lampe inactinique pour le N&B).
    Du coup, cela relativise la question des coûts quand on fait tout soi-même (et aussi, cela apporte la possibilité de développer une pellicule le samedi soir et avoir le résultat immédiatement).
    Quand on fait le bilan des coûts, avec mes vieux Praktica à 30€, des objectifs M32 de très bonne qualité à 40€, l’achat de tout le matos d’occasion (dev et tirage) pour 250€ avec en prime une caisse complète de (vieux) papier toujours utilisables, 50€ de chimie et des pellicules à 5.50€, je suis encore très loin de tout le matos numérique que j’ai (inutilement) considéré comme « indispensable » jusqu’à présent…

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    1. C’est vrai que ça donne envie de tester le développement soi-même pour les pellicules noir et blanc, ne serait-ce que pour le coût ! Et bien sur l’idée de faire le processus de A à Z ! Merci beaucoup pour ton point de vue, c’est très intéressant !

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  6. Le matos pour développer pélicules et faire les tirages n’est effectivement pas trop cher, d’occasion. Mais on commence par utiliser du papier RC et on essaie vite le barryté,on y prend goût et là ça commence à devenir un peu plus cher…Et une chose dont on ne parle pas beaucoup, c’est de la difficulté d’obtenir dans le labo une obscurité totale, sans le moindre point de lumière …à moins d’avoir une salle de bain sans fenêtre,ou un sous- sol,etc.Mais ceci dit,développer ses films et faire ses tirages n&b c’est passionant !

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